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Montréal – 17 avril 2001 – Les garçons agressifs, hyperactifs et oppositionnels en maternelle risquent fort de connaître des problèmes d’agressivité physique au moins jusqu’au milieu de l’adolescence. Ces problèmes sont plus susceptibles de devenir chroniques si leur mère a un faible niveau de scolarité et si elle a eu son premier enfant avant l’âge de 20 ans. « Ces résultats nous conduisent à recommander un soutien intensif et prolongé envers les jeunes mères faiblement scolarisées », déclare le Dr Richard E. Tremblay, directeur du Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l’enfant à l’Université de Montréal.

C’est ce qui ressort des travaux publiés la semaine dernière dans la prestigieuse revue scientifique Archives of General Psychiatry par le professeur Daniel S. Nagin, de l’Université Carnegie-Mellon de Pittsburgh et le professeur Tremblay.

Cette étude a suivi pendant 10 ans plus de mille garçons qui, en 1984, fréquentaient la maternelle dans un quartier défavorisé de Montréal. Les chercheurs ont identifié différentes trajectoires de développement de l’agressivité physique entre cinq et 15 ans. Pour 68 % des garçons, le recours à l’agression physique est occasionnel à la maternelle et disparaît presque complètement avant la fin de l’école primaire. Les autres garçons utilisent souvent l’agression physique à la maternelle, mais on observe deux trajectoires différentes par la suite. Le premier groupe (28,7 %) diminue substantiellement ces comportements en vieillissant, alors qu’un petit groupe (près de 3 %) maintient un haut niveau d’agressivité physique jusqu’au milieu de l’adolescence. Ce sont ces derniers qui se retrouveront le plus souvent devant les tribunaux pour des délits violents.

Les facteurs de risques Les travaux publiés dernièrement visaient à identifier les facteurs permettant de différencier, dès la maternelle, les cas chroniques de la majorité des garçons agressifs qui réduisent la fréquence de ces comportements. Le niveau de scolarité de la mère et le fait d’avoir eu un enfant à l’adolescence sont les deux facteurs les plus significatifs. Chacun de ces facteurs triple le risque d’agressivité physique chronique. Les garçons agressifs à la maternelle dont la mère n’avait pas terminé l’école secondaire et avait eu son premier enfant avant l’âge de 20 ans étaient neuf fois plus à risque d’être parmi les plus violents à l’adolescence.

« Nous supposons que les mères adolescentes qui ont un faible niveau de scolarité ne possèdent pas les compétences nécessaires à la création d’un environnement dans lequel l’enfant apprend à contrôler son agressivité physique », ajoute le professeur Nagin. Plusieurs recherches ont en effet démontré que les mères peu scolarisées, particulièrement les mères adolescentes, ont davantage tendance à faire preuve de sévérité dans l’éducation de leur enfant. Elles ont également plus souvent des complications à la naissance qui peuvent affecter le développement neurologique de leur enfant.

Cette étude confirme que plusieurs des enfants à risque de problèmes chroniques de comportement peuvent être identifiés dès la maternelle. Les deux chercheurs soulignent également l’importance d’offrir aux mères adolescentes et peu scolarisées des programmes de soutien dès la grossesse et tout au long de la petite enfance.

En diffusant ces résultats, le Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants contribue à réaliser son mandat qui est de rassembler, analyser et diffuser les connaissances fiables et utiles pour le développement et le bien-être des jeunes enfants. Cet organisme est financé par Santé Canada.


Sondage Léger-Marketing effectué en juillet 2002 sur le thème de l'aggressivité:
Perceptions et opinions des Canadiens à l'égard de l'aggressivité des jeunes enfants.

Source : Anne-Marie Mesa
Responsable des communications
(514) 343-6111, poste 2576
courriel : cedje-ceecd@umontreal.ca





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[Dernière mise à jour: 30/04/2018]